Auto-organisation et visualisation des graphes

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Sociologie Du Gout

 

 

L’horizontalisation des goûts et la contribution des sites communautaires à cette transformation sociale

N. Auray (ENST)

 

 

1. « le goût »

 

Après une introduction visant à rappeler la définition du goût par Kant (jugement  désintéressé et sans concept, mais ayant prétention à la validité universelle), l’exposé vise à explorer deux directions.

 

D’une part, il s’agit d’explorer une dimension  du modèle de goût, qui est de composer une « tête chercheuse », un explorateur sélectif visant à détecter des nouvelles occurrences de biens. Ce système a plusieurs caractéristiques : il repose sur des inclinaisons et sur des aversions (dégoûts), il est discriminant, c’est-à-dire fondé sur une focalisation de l’attention, et enfin il est fortement incorporé. A ce titre, le goût est un système de dispositions corporelles.

 

D’autre part, il s’agit d’explorer le lien entre les jugements de goût et le marquage d’une identité sociale ou communautaire. Depuis Veblen, les sociologues ont mis en évidence que le goût est un moyen déguisé d’afficher une haute position sociale (consommation ostentatoire). Il assure ce rôle grâce à l’occultation de son rôle d’imposition symbolique. Les articles récents en sociologie

 

Il serait intéressant de travailler sur deux questions de manière plus approfondie :

- la dynamique des goûts : comment évoluent les goûts ?

- qu’est-ce qui est vertical et qu’est-ce qui est horizontal dans le goût ?

- que sont les « goûts dissonants » dont parlent différents auteurs ? Sont-ce des goûts « honteux » ? (Lahire, Peterson, numéro de Sociologie et sociétés 2004)

 

 

La définition kantienne du goût : Définition philosophe du goût.

 

Le goût set détaché de tout intérêt et instinct. Différent à la fois de l’instinct et de l’intérêt qui serait issue de l’intérêt, ou de l’appétit, cf. l’apologue sur les « natures mortes » Gourinat p.238 ; « la satisfaction qui détermine le jugement de goût est libre de tout intérêt » KANT cité p .243) ;

 

« En ce qui concerne l’intérêt excessif pour l’agréable, oin dit en général : l’appétit est le meilleur  uisinier, et des gens de bon appétit trouvent bon gout à tout ce qui se mange. Pourtant, une telle satisfaction ne doit rien au bon gout. C’est seulement quand le besoin est apaisé qu’on peut distinguer qui entre beaucoup a du gout ou n’en a pas »

 

La jouissance d’une nature morte suppose un détachement par rapport à la jouissance réelle.

 

 

CONSEQUENCE : limitation du périmètre du goût. On parlera de jouissance « désintéressée » pour mieux évacuer du goût les plaisirs pris lors de satisfactions réelles : l’émotion gustative prise à un repas (parce qu’elle est trop liée à la gourmandise, à une satisfaction réelle),  ou à un parfum (parce qu’elle est trop liée à la particularité des constitutions personnelles, où à un contact (l’habitat, le mobilier).

 

2. (En ce sens) le goût a une prétention à l’universalité, il s’élève au-dessus de la simple approbation de la sensibilité : « il ne faut pas nommer beau ce qui simplement plaît ». Si le bon goût peut admetrte quy’on n’éprouve pas de plaisir à la musique de Bach, , il ne peut tolérer qu’on ne la trouve pas belle.

 

 

3. Kant souligne un paradoxe moteur : le goût a une prétention à l’universalité, il n’en est pas moins « sans concept » : « le beau est ce qui plaît universellement sans concept » (p.32 de Kant, cité p.239 de Gourinat). « Quand on juge des objets simplement par concepts, toute représentation de la beauté se perd » (il n’y a pas de caractéristiques générales qui induirait la satisfaction esthétique, nous sentons la beauté sans pour autant la définir par concepts). 

Il est dépourvu de jugement formalisé, moral ou scientifique (il est sans concept, d’une part ; on ne peut en donner aucune démonstration, d’autre part : un tel jugement ni déterminant ni démonstratif, Kant propose de l’appeler jugement réfléchissant). Il est symétriquement différent du jugement moral (indifférent au jugement moral) : cf. le paragraphe de Kant sur le « palais » : cité Gourinat p.242.

 

« Quand on me demande si je trouve beau le palais que je vois devant moi, je peux bien dire que je n’(aime pas ces sortes de choses, qui ne sont fgaites que pour les badauds ; ou en bon rousseauiste gronder contre la vanité des grands è- on peut bien m’accorder tout cela et même l’approuver, la question n’est pas là. On veut seulemnt savoir si cette simple représentation del’bjet s’accompagne en moi d’un plalksit, si indifférent que je opuisse e^tre par ailleu(rs en ce qui concerne l’existence de l’objet »

 

[L’universalité du jugement de goût est purement subjective. (pulchritudo vagua, beauté libre)]

Le goût et les dispositions 

Le goût ne peut être automatisé, il est un « rapport au monde ». Une « manière de vivre ». Le goût est une prédilection non pas pour des contenus mais pour des manières.

 

Le goût possède une dimension d’inertie car il correspond à un système de préférences incorporé (il est ainsi fait d’intolérances viscérale : c’est à vomir ;  etc.. ; et d’engouements non expliqués : les inclinations, les élans pour telle ou telle chose).

Dès lors, le goût est difficile à se mouvoir : les changements de goût sont toujours lents, freinés par l’inertie du système dispositionnel et incorporé.

Exemple :

a)  Un texte illustratif de Bourdieu : celui sur le schéma corporel. C’set parce que le poisson induit un certain schéma corporel qu’il n’est pas aimé par les ouvriers. De même les Kleenex.

 

La particularité des prédicats dispositionnels et les 4 types d’indétermination des dispositions

« être enclin à agir de telle ou telle manière, dans telles ou telles circonstances ». Cela dépasse une simple régularité ou répétitivité factuelle. Une disposition n’est pas réductible à une répétition d’éventualités ; le contenu d’une attrribution de disposition excède tout énoncé factuel, y compris celui d’une infinité de descriptions d’actualisations de cette disposition. Ainsi, un énoncé dispositionnel n’est pas une généralité contigente ou accidentelle, mais il supporte des généralisations contrefactuelles (si jean avait un piano, il jouerait la marche turque) : il est un énoncé nomologique. Ce qui crée un pb pour GOODMAN : « la particularité des prédicats dispositionnels est qu’ils semblent s’appliquer à des choses en raison d’événements possibles, plutôt que réels » 

 

L’indétermination des dispositions :

Ryle permet de souligner :

Disposition sur lesquelles la volonté a une prise et celles sur lesquelles la volonté n’a pas de prise tendance (le sucre est soluble) et disposition-capacité (sait jouer du tennis).

Indéterminabilité d’une disposition : il y a 4 types.

Elle peut s’activer dans un nombre varié de situations (hypercorrection), et d’un nombre varié de manières. « many-track dispositions » (Ryle 1948). Troisièmement, la connexion entre la situatiojn dans laquelle la disposition s’actualise et son actualisation peut être plus ou moins déterminée. Quatrièmement, la disposition est susceptible de « changer » : la capacité écrire sait s’adapter au traitement de texte.

Troisième type : Moins une disposition est entretenue, plus elle s’affaiblit. La connexion de l’occasion à l’effet est statistique, et dépend du degré d’entretien de la disposition. Il semble qu’il existe inversement un seuil de renforcement des dispositions audelà duquel la probabilité de leur changement est si faible qu’elle est négilgeable.

Quatrième type : Une disposition : capacité à changer. Capacité à se déprendre d’habitudes. E Bourdieu suppose une méta-disposition : une disposition à acquérir des dispositions. (E Bourdieu p.134-6).

 

 

 

 

De Kant à Bourdieu : du « bon goût » à l’ensemble de la vie sociale comme liste de prédispositions incorporées :

Il y a un formalisme du bon goût, que Kant met en évidence, le constatant lucidement (immoralisme de l’art pour l’art de l’aristocratie du XVIII°S) et l’avalisant. Il revendique l’inutilité (contrairement à l’architecture) et l’absence de signification (contrairement à la sculpture grecque) comme condition de la satisfaction esthétique. Le formalisme annonce l’art contemporain (Mallarmé, l’art-pour-l’art, le purisme, il défend le tatouage primitif).

 

Les biens culturels ne sont que des classes de propriété relatives ; + ils disposent ces classes de par les relations qu’ils introduisent aux récepteurs. Ils n’acquièrent de sens que par la différence (ainsi alimentation, haricot blanc/haricot vert, viande/poisson etc…). Il y a des propriétés d’invariance d’échelle de la structure des 3 goûts. Il y a une homologie structurale.

[Rend raison des variations de la loi de Engel par le fait que les classes populaires ont une inclinaison pour préférer les nourritures « nourrissantes », le « grossier », le « terre à terre » ; et que par extension ces mots servent de marqueur identitaire et de repoussoir pour les autres classes]

 

 

 

La mobilité du système des goûts

GOUT = PREFERENCE. Le goût a deux aspects. Montesquieu souligne en 1757 (auteur de l’article gout de l’encyclopédie) cette ambivalence : à la fois satisfaction esthétique éprouvée et guide de conduite, repère.  Montesquieu 1757 : « faculté de découvrir avec rapidité et délicatesse le degré de plaisir que nous devrions retirer de chaque objet qui arrive dans notre champ de perception ». Satisfaction et aversion esthétique, goût et dégoût. Discrimination. Système symbolique de classification exposé dans des conversations, habitudes, manières, possessions de biens, etc…

[Alternance entre un plaisir, une fascination et une excitation ; les 2 se présupposent : la fascination présuppose une exploration (mystère, surprise versus lassitude) : é-motion, mise en mouvement ; l’excitation présuppose une émotion.]

« On prête l’oreille dans l’attente d’un plaisir qui est indissociablement plaisir de cette attente. Ecart différé. Récompense jamais certaine d’un placement investi en elle. La musique est une « intention de croire vidée de tout contenu » (SCHAEFFER 1966 p.656).

Goût et marquage du statut (OSTENTATION ET STRATEGIE DE  FACE) :

Dans les sciences sociales on a tenté de mieux comprendre la subjectivité de l’expérience du goût (contrairement aux esthétiques néo-kantiennes qui le considèrent détachées des conditions extérieures) :

1) Veblen a montré que le goût est un souci déguisé de distinction sociale.

Une des premières : consommation ostentatoire (conspicuous). Le souci de se distinguer et l’émotions sont les moteurs de l’interaction sociale. Sous le nom  de beauté, nous camouflons un sens de distinction sociale et de consommation à but honorifique qui vise (abstention du travail avec la jupe, abstention de taches jugées dégradantes avec le teint pâle, honneur, mise en évidence d’objets coûteux ou inutiles) à manifester notre hauteur sociale.
2) Bourdieu. Le « bon goût » est une marque de distinction, à double fonction : démarcative, et honorifique (conférer de l’honneur à ceux qui s’en réclament). Le goût classifie celui qui classe (guerre des classements). Distinction : « bon goût » (art-pour-l’art, mondain), « gout petit-bourgeois » (bonne volonté culturelle, manières doctes) et « art populaire ». Veblen : consommation ostentatoire typique du goût petit-bourgeois. L’honneur que confère le goût n’est pas conféré en vertu de la traduction d’une richesse économique, mais en vertu de la traduction d’un capital culturel. Le goût est un système de préférences qui traduit à l’insu de son énonciateur un système de préférences.  Bref, il est « marqueur d’identité et de statut », et dès lors utilisé comme barrières et niveaux. 

 

Aspect fort de Bourdieu : il généralise Veblen à l’idée que le goût est un marqueur d’identité et de statut
1) L’occultation des effets d’imposition symbolique comme fondement le plus efficace du conditionnement social. En effet, l’occultation a un effet central : la légitimation. C’est parce que l’école cache qu’elle est intrument de reproduction sociale qu’elle parvient à ses fins. C’est parce que le goût cache qu’il est un instrument de reproduction sociale qu’il parvient à ses fins.

[Horkheimer et les critiques radicales de la culture de masse (Adorno)]

 

a. Bourdieu s’intéresse aux champs de production des biens symboliques. La mode, la chanson, la photographie, s’inscrivent dans le temps court des biens symboliques périssables. C’est selon Bourdieu du fait de la position dominée de ces biens dans le champ des biens symboliques que le taux de renouvellement y est si fort, et que la relation entre ancienneté et légitimité y est si faible. La valeur symbolique des biens de mode est construite sur la « rente différentielle », sur la différence temporelle entre la mode et le « démodé ».

 

Cf « le couturier et sa griffe ».

 

« Faire date » dans le champ c’est réussir à renvoyer tous ceux qui ont fait date à la position honorifique, mais aussi honoraire, d’ancien dominant : c’est inscrire une rupture nouvelle qui s’ajoute à la précédente (la somme des ruptures constituant la périodisation spécifique du champ). Cette rupture nouvelle détermine la translation de toute la structure. « Faire la mode », c’est démoder les produits de la mode de l’année dernière, c’est dévaluer le capital symbolique du champ. Mais la condition même des ruptures réussies est la possession d’un capital antérieur. Les nouveaux entrants sont pour la plupart des transfuges des maisons établies. (toujours rappelé dans leurs biographies). Le capital consistant en la familiarité avec un certain milieu. Le prophète, notait Weber, sort souvent du corps des prêtres, auquel il appartient par la naissance ou la formation.

 

A l’inverse : l’art (cinéma) ou la science. La relation entre ancienneté et légitimité est inverse : plus c’est ancien, plus c’est légitime. 

La consécration de l’ancien.

Champs intermédiaires marqués par une remontée de côté : « Alchimie sociale », appareils de légitimation (mangas, bandes dessinées, etc…)…

B. Homologie entre la structure de la réception (3 goûts) et la structure de la production (dominants, et 2 catégories de prétendants).

 

Dominants ==== Dominants

Petits Bourgeois ====== Prophètes

Dominés ======== Sorciers.

 

Dans le champ de la mode, ce sont les nouveaux entrants qui « font le jeu », comme en boxe le challenger. Les « dominants » n’ont qu’à être ce qu’ils sont pour dominer. Ils se distinguent par les stratégies ostentatoires de refus de l’ostentation (« ascétisme ostentatoire »). Par opposition, les dominés, ce sont les « prétendants ». Le prétendant se voue à paraître prétentieux, car il a à montrer et démontrer la légitimité de ses prétentions., il a à faire ses preuves car il n’a pas tous ses titres. Ainsi : il se dénonce par des petits signes : hypercorrection, références pédantes propres à l’autodidacte ; cela fait qu’on l’accuse d’être un arriviste ou un parvenu, stigmatisation fortement préjudiciable dans un univers soumis à la loi du désintéressement. La prétention

à la distinction ne peut que livrer la vérité objective et de la prétention et de la distinction.

 

Le jeu des prétendants consiste à rompre avec certaines des conventions en vigueur, mais dans les limites des convenances. Les stratégies des prétendants consistent à dénoncer les concessions faites par les dominants au siècle (décorations, académisme) ; ils réintroduisent sans cesse dans le siècle une audace de révolutionnaire, un rigorisme de convertis. Du coup, ils obligent les dominants à réaffirmer les valeurs officielles du champ : désintéressement, refus de la vulgarisation, etc...

 

 

Distinction entre les deux prétendants : prophètes et sorciers. 

 Le prophète et le sorcier, qui ont en commun de s’opposer au corps des prêtres en tant qu’entrepreneurs indépendants exerçant leur office en dehors de toute institution, donc sans protection  ni caution institutionnelles, se distinguent par les positions différentes qu’ils occupent dans la division du travail religieux et où s’expriment les ambitions très différentes qu’ils doivent à des origines sociales et des formations très différentes : tandis que le prophète affirme sa prétention à l’exercice légitime du pouvoir religieux en se livrant aux activités par lesquelles le corps sacerdotal cherche à fonder la spécificité de sa pratique (en professant une doctrine explicitement systématisée, énoncée dans une langue savante, insérée dans une tradition ésotérique ; mais strictement inversée), le sorcier répond coup par coup à des demandes partielles et immédiates, usant du discours comme d’une technique de cure du corps, parmi d’autres et non comme un instrument de pouvoir symbolique.

 

 

Le prophète doit en quelque sorte faire un refoulement plus absolu de l’intérêt temporel (politique...) dont l’ascétisme et toutes les épreuves physiques sont une autre manifestation, tandis que le sorcier peut ouvertement louer ses services contre rémunération matérielle, i.e. s’installer explicitement dans la relation de vendeur à client qui est la vérité objective de toute relation entre spécialistes religieux et laïcs.

La concurrence du sorcier, petit entrepreneur indépendant, loué à l’occasion par des particuliers et exerçant son offre à temps partiel et contre rémunération, sans y avoir été spécifiquement préparé et sans caution institutionnelle (et, le plus souvent, de manière clandestine), se conjugue avec la demande des groupes ou classes inférieurs (en particulier des paysans) qui fournissent sa clientèle au sorcier.  Le Manuel de Folklore français contemporain d’Arnold Van Gennep fourmille d’exemples de ces échanges entre la culture paysanne et la culture ecclésiastique -« fêtes liturgiques folklorisées », comme les « rogatrions », rites païens intégrés dans la liturgie commune, saints investie de propriétés et de fonctions magiques, etc...Cependant, le sorcier est appuyé par les classes dominées. Alors que le prophète est appuyé par les fractions dominantes de laïcs, souhaitant remettre en cause la « banalisation » des instruments sacerdotaux. Le discours prophétique apparaît dans les situations de transformations économiques et morphologiques (disettes, guerres, colonisations). Dans ces situations, les prophètes se recrutent particulièrement dans la catégorie de personnes en « porte-à-faux » dans la structure du champ religieux et dans la structure sociale, seules susceptibles d’inventer un futur eschatologique, l’histoire, la rupture du temps cyclique. Le prophète, annonciateur de la crise, parvenant à dire ce qui est à dire, à déplacer la frontière entre le pensable et l’impensable, remplace ainsi la religion et sa fonction de ritualisation de la crise (d’exercice contrôlé de la crise)

Di Maggio (1987)

fait une bonne analyse de Bourdieu. Il est d’accord avec la thèse que les goûts sont des systèmes symboliques de classification sociale, mais il propose 4 axes de variation : différenciation (l’extension par laquelle les goûts sont séparés en différents systèmes), la hiérarchie (les goûts sont-ils hiérarchisés ou considérés comme égaux en valeur), l’universalité (reconnaissabilité universelle des goûts), le potentiel symbolique (la force relative et  la perméabilité des frontières entre les goûts). Il a étudié, sur fond d’un comparatisme qui met en évidence la porosité plus forte des frontières aux USA du fait des mobilités, des processus ponctuels de différenciation forte des goûts à Boston par exemple au 19° S (par le biais de mobilisations de upper class, patronage, upper education system). Erosion des frontières de goût (Lahire en France reprend cela : « goûts dissonants »).


2. Evolution du goût / L’horizontalisation du goût

 

 

 

Eclectisme culturel (très fort chez les bourgeois) (cf thèse de Peterson) :

Ecoutent du hard metal et sont à la mode, et ont un jardin secret qui fait qu’ils sont capables de lire du Schubert. Ne lisent pas, mais vont piquer dans la vidéothèque de leurs parents des DVD en noir et blanc.

L’éclectisme culturel est devenu le mode dominant de rapport à la culture aujourd’hui. Il n’est pas spécifique aux jeunes.

Mais cet éclectisme est limité. Plus on descend dans l’échelle sociale, plus l’éclectisme est lié à ce qui est offert par l’école (le théâtre, la poésie, etc…).

 

Sur la composante « autonomisation », une dimension en est l’autonomisation de la culture jeune par rapport à la culture des adultes. Auparavant, le conflit de générations reflétait la hiérarchie culturelle dominante : grosso modo, les jeunes aimaient la musique populaire, mais on s’attendait à ce qu’ils passent à des firles culturelles adultes et sérieuses en vieillissant. Aujourd’hui, ceux qui ont adhéré sous l’étiquette rock and roll aux styles populaires de musique dans leur jeunesse, y compris aux styles de danse afro-américaines, ont conservé cet engouement à l’âge adulte : ils composent ainsi « la génération Woodstock » (LIPSITZ) et cessent de se normaliser sur une échelle unidimensionnelle. Ils ont des goûts dissonants. 

 

 

 

 

 

Il n’y a plus de société verticale. Il y a une horizontalisation. Cela serait lié à la fin d’un « programme institutionnel »

 

Thèse de l’horizontalisation :

         Peterson, R. et Kern, R.M., « Changing Highbrow Taste: from snob to omnivore », American Sociological Review, vol. 61, p.900-907

         Coulangeon Ph., « Classes sociales, pratiques culturelles et styles de vie. Le modèle de la distinction est-il vraiment obsolète? », Sociologie et sociétés, 36 (1), 2004, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, pp. 59-85.

         Grignon C. et Passerson JC, 1989, Le savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Hautes Etudes/Gallimard

 

 

Goût et dissonance culturelle :

- Di Maggio 1987 : 4 paramètres d’assouplissement des frontières identitaires

- Peterson / Lahire : notion de goûts dissonants, de goûts honteux, etc…

 

 

         Description : Affaiblissement du poids de la légitimité culturelle dans l’orientation des pratiques individuelles

        La frontière entre culture populaire et culture savante aurait tendance à se brouiller (Gans, 1974, Popular Culture and High Culture : an Analysis and Evolution of Taste, New York Books)

        Décrépitude du « modèle légitimiste » (Bourdieu 1966-1979) caractérisé par une vision unifiée et hiérarchisée de l’espace des styles de vie.

          Le système de préférences culturelles des dominants, qui est systématique et hiérarchise l’ensemble des contenus culturels, irradie et détermine le système des préférences culturelles des dominés, par un double effet de disqualification (les pratiques culturelles des dominés sont associées à un sentiment d’indignité culturelle) et d’imitation (les dominés ont une bonne volonté culturelle)

         La même hiérarchie des préférences culturelles est intériorisée à tous les échelons de la société : la théorie de Bourdieu correspond à une hypothèse fonctionnaliste sur la société, où c’est l’arbitraire culturel qui assure la reproduction de l’ordre social (à la place de systèmes moins efficaces car moins légitimes : la religion, l’ordre).

 

Deux composantes jumelles de l’horizontalisation :

         D’une part l’éclectisme

        « A la recherche de l’omnivore » (Peterson 1990) : [sur culture musicale écoutent du hard metal et du Schubert, Guy sur culture cinématographique entre DVD noir et blancs et divertissements populaire. De Virgile à Wilander]. Enquête 1990-1992 sur culture musicale de la population US (National Endowment for the Arts) CIT. Données longitudinales. Donnat, 1994

        L’omnivoracité est devenue une norme de bon goût (par opposition à l’ancien exclusivisme snob). L’édification des frontières symboliques se déplace des objets culturels vers les attitudes (Lopes-Sintas et Garcia-Alavares), la manière de consommer. Le même objet culturel fait l’objet de plusieurs lectures simultanées : pop, folk, raffinée (Frith 1996 Performing rites : On the value of popular music, Cambridge, HUP sur l’exemple de la country qu’il oppose au jazz).

        Prise d’importance d’identités secondaires : sociétés qui semblent de plus en plus marquées par la pluralité des appartenances, d’où différenciation des goûts sur la base de critères d’appartenances culturelles (ethnique aux USA, l’appareil français ne se donnant pas les moyens de le mesurer)

 

 

 

         D’autre part, l’autonomie

        Autonomisation des normes esthétiques des classes populaires (Grignon et Passeron) : l’exemple de la montée de la controverse sur l’art contemporain comme bourgeois (de la méprise au mépris, cf. Heinich 1997 L’art contemporain exposé à ses rejets, ed. Jacqueline Chambon)

        « J’avoue que les haricots de La Distinction me font beaucoup penser aux épinards du Dictionnaire des idées reçues » (S.P., p.140). C’est une mystification de penser que le goût est l’intériorisation du fatum social. Ils dénoncent à la fois le légitimisme culturel et son inverse, le populisme (celui de la Dame de Bath de Chaucer qui dit que « les classes populaires sont fondamentalement saines »)

 

 

Remarques sur l’autonomie : la culture jeune

 

        Auparavant, le conflit de générations reflétait la hiérarchie culturelle dominante : grosso modo, les jeunes aimaient la musique populaire, mais on s’attendait à ce qu’ils passent à des firles culturelles adultes et sérieuses en vieillissant. En la reflêtant, il la rappelait à l’ordre (hypothèse structuraliste)

 

        Aujourd’hui, ceux qui ont adhéré sous l’étiquette « rock and roll » aux styles populaires de musique dans leur jeunesse, y compris aux styles de danse afro-américaines, ont conservé cet engouement à l’âge adulte : ils composent ainsi « la génération Woodstock » (LIPSITZ) et cessent de se normaliser sur une échelle unidimensionnelle. Ils ont des goûts dissonants. 

 

L’horizontalisme est entravé, modique :

         Vu du haut et vu du bas, omnivoracité ne signifie pas la même chose (herbivores/carnivores).

        Vu du haut (Erickson 1996, Culture Class and Connections), omnivorousness signifie une plasticité des répertoires culturels mobilisables, avec maîtrise de la pertinence de leurs contextes de mobilisation. Hypothèse « utilitariste/relationnelle » : il est capteur d’opportunités de diversité relationnelle (Granovetter). A contrario, hypothèse « dispositionnaliste » : l’assimilation de la nouveauté et de la différence (intolérance musicale d’autant plus forte que le niveau d’études est faible, cf Bernstein « codes linguistiques complexes »).

        Vu du bas, omnivorousness signifie une segmentation croissante des pratiques culturelles. Pb de PETERSON : « on peut se demander si l’omnivourness sortira de la classe supérieure pour descendre le long de l’échelle des statuts sociaux »

         En haut comme en bas, l’éclectisme n’est pas indistinct

        1996, Bryson : « Anything but Heavy Metal: Symbolic Exclusion and Musical Tastes, American Sociological Review, vol 61, 884-899). L’éclectisme est une incursion menée vers les arts en voie de légitimation, une modalité particulière du raffinement esthétique, et l’esthétisme indistinct constitue la disqualification la plus radicale du bon goût (Menger, 1986, « L’oreille spéculative. Consommation et perception de la musique contemporaine », Revue française de sociologie vol 27 n°3, 445-479).

 

Quel cosmopolitisme ?

         Une dimension qui commence à être défrichée de l’éclectisme : la prédilection pour l’exotisme et le lointain

        Helms, 1988, Ulysse’s Sail, An Ethnographic Odyssey of Power, Knowledge and Geographical Distance, Princeton, Princeton University Press. Holt 1998, « Does cultural capital structure American Consumption », Journal of Consumer Research 25-1, p.1-25). La distinction entre local et cosmopolite serait devenue l’axe majeur de différenciation entre les groupes situés aux extrêmes de l’échelle sociale : les plus favorisés ont tendance à préférer les cuisines ethniques ou les voyages axés sur une rencontre authentique avec des cultures locales éloignées, alors que les démunis préfèrent un éclectisme culturel non cosmopolite, « de terroir » (tourné en ridicule comme «ringard » par les élites)

 

         Une dimension qui commence à être défrichée de l’éclectisme : la prédilection pour l’exotisme et le lointain

        Helms, 1988, Ulysse’s Sail, An Ethnographic Odyssey of Power, Knowledge and Geographical Distance, Princeton, Princeton University Press. Holt 1998, « Does cultural capital structure American Consumption », Journal of Consumer Research 25-1, p.1-25). La distinction entre local et cosmopolite serait devenue l’axe majeur de différenciation entre les groupes situés aux extrêmes de l’échelle sociale : les plus favorisés ont tendance à préférer les cuisines ethniques ou les voyages axés sur une rencontre authentique avec des cultures locales éloignées, alors que les démunis préfèrent un éclectisme culturel non cosmopolite, « de terroir » (tourné en ridicule comme «ringard » par les élites)

 

         Remise en cause de l’originalité historique de l’éclectisme

        Haskell : notion de goût à l’époque de Kant

 

Les explications de l’horizontalisation :

         Trois groupes d’explication

        2a. Par la fragilisation de la construction autour de la culture des élites,

        2b. Par le déclin des identités de classe et du « programme institutionnel »

        2c. Explications « écologiques », par l’évolution de l’environnement :

         la diversification téléguidée de la production culturelle

         l’apparition de la culture de l’écran (versus écrit)

         Regroupe Di Maggio 1992 et Coulangeon 2003.

 

 

         La fragilisation du lien culture/élites

         Ils montrent l’affaiblissement des deux modèles sociaux qui fondaient la reproduction sociale des élites

        Modèle anglo-saxon du mécénat. Rôle de premier ordre dans la formation de réseaux de relation fermées (Di Maggio a étudié la participation aux conseils de gestion des organisations philanthropiques de financement des institutions culturelles), surtout après le boom démog

        Modèle français des grandes écoles. La reproduction par les grandes écoles se fait sur un modèle de rapport désintéressé à la culture, la primauté accordée à la connaissance sur la compétence.

 

 

         Ces deux modèles – anglosaxon et français- sont en crise, selon des dynamiques historiques différentes:

        Coulangeon : 1970 (multiplication des candidatures de normaliens à l’ENA), 1980 (essor de HEC qui s’affirme en interdisant à ses élèves de passer l’ENA)  => incorporation d’une culture économique, de la rationalisation économique et administrative dans la formation des élites (Boltanski 1982 Les Cadres)

        Crane, 1994, The Production of Culture. Medias and the Urban Arts. Di Maggio 1982, « Cultural Entrepreneurship in 19th Century Boston. The Creation of an organizationnal base for High Culture in America », Media, Culture and Society, n°4, 1982.

 

 

Déclin des identités de classe :

Table des destinées des hommes de 30 à 50 ans

Effet négatif de cela.

Cf La tyrannie de la majorité (D. Pasquier, C. Henri)

Hannah ARENDT, 1960, La crise de l’éducation. « Affranchi de l’autorité des adultes, l’enfant n’a pas été libéré, mais soumis à une autorité bien plus effrayante et tyrannique : la tyrannie de la majorité ». Exemple : il y a « des cartables qui font la honte ». Il faut avoir la marque de cartable qu’il faut, regarder les émissions de télévision qu’il faut, le jean qu’il faut, etc…  La honte ne vient plus du fait qu’on intériorise l’image des adultes (on a honte devant les dépositaires de la culture légitime), la honte vient de la tyrannie des pairs (on a honte devant les autres). Les adultes ont perdu le pouvoir de faire honte. « Sans cesse on  suit les usages et jamais son propre génie » disait Rousseau, et aujourd’hui les usages sont ceux de la société même des adolescents. Le rapport à la lecture des jeunes en voie de délinquance asocient la lecture à des gens âgés, des bourgeois, à des gens qui n’ont rien d’autre à faire. Le livre est devenu un objet totalement étranger, il n’ont même pas un rapport de culpabilisation par rapport à leur illettrisme.

 

Il y a une peur effrayante de la marginalisation sociale à l’école. Beaucoup de jeunes ont une difficulté à avoir un rapport à l’ennui et au temps long, et les valeurs de popularité ont pris une prééminence effrayante. Cf ce que décrit David RIESMAN : des parents qui sont très déboussolés par rapport à un système de règles et de valeur éducatives, et se reportent à des médias, et la seule  chose qui compte pour eux est que leurs enfants aient des amis, et la valeur de popularité l’a emporté sur beaucoup d’autres. S’ennuyer, ne pas avoir beaucoup d’amis, est un facteur de rejet (ça devient : être martyrisé par les autres, être bouffon). Par exemple, les anniversaires sont devenus les scorings de cette valeur de popularité.

 

 

 

Beck ou Kaufman complètent les facteurs « institutionnels » explicatifs du snobisme intellectuel (qui sont au nombre de trois chez Coulangeon : fragilisation de la de construction autour de la culture des élites, déclin des identités de classe et du « programme institutionnel » (Dubet), et enfin diversification téléguidée de la production culturelle)

 

en parlant de modernité réflexive (dans les choix privés, conjugaux, éducatifs, alimentaires, comme approfondissement démocratique) : nouvelles normes discursives, évolutions de mœurs ou politiques

 

 

 

La place de l’explication par les nouvelles technologies dans l’explication de l’horizontalisation des goûts

Explication écologique : expliquent l’horizontalisation par les dispositifs techniques nouveaux

        Olivier Donnat : opposition culture du livre/culture de l’écran, ce ne sont pas les mêmes rapports au temps long.

        Wilensky 1964 : pouvoir mixeur de la télévision (et prolongé par d’autres auteurs qui l’appliquent aux NTIC)

        De plus en plus, même chez les classes supérieures, rationnées en temps, priorité donnée aux pratiques de loisirs qui n’exigent pas une dépense en temps importantes (golf, compatibles avec la vie mondaine, loisirs de sortie, idem, au détriment de la lecture qui est trop exclusive)

 

La culture de l’écran versus la culture de l’écrit :

 

Dominique Pasquier, La culture des sentiments

         Au 19° Siècle, c’était une opposition entre les romans de Balzac et les romans de Dumas. Aujourd’hui c’est entre l’écrit et l’écran (télévision, Internet). 

          Au XXI°, on a perdu toute notion du plaisir de l’expérience de partage de son expérience du monde, qui était assumée par la lecture. Cela a été remplacé – un peu-  par les séries télé : qui apprennent à parler de soi et à comprendre l’expérience des autres à partir d’un objet commun extérieur aux interlocuteurs.

 

Opposition culture classique / Culture moderne (cf. O. Donnat, etc…)

=> Elargissement du fossé entre les pratiques légitimes et les pratiques illégitimes ??

Au 19° Siècle, c’était une opposition entre les romans de Balzac et les romans de Dumas. Aujourd’hui c’est entre l’écrit et l’écran (télévision, Internet). 

 

=> Ce qui est en jeu, gravement, c’est la disparition de l’expérience  du partage de son expérience : i.e. la culture humaniste

 

Une dimension parallèle, mais effrayante, de cette tyrannie est « la conspiration contre le monde intérieur » dont s’inquiétait Bernanos.

 

 

C’est pointé par des travaux qui stigmatisent le fait que, du fait de cette tyrannie de la majorité, les ados n’ont pas de jardin secret.

Très forte pression à adopter la culture qu’on peut partager avec les autres… ce qui fait que le livre est le grand perdant dans cette affaire car il n’est pas très facile de parler de ses lectures alors qu’il est très facile de parler de la télévision, ou du jeu vidéo.

 

On a perdu toute notion du plaisir de l’expérience de partage de son expérience du monde, qui était assumée par la lecture. Cela a été remplacé – un peu-  par les séries télé : qui apprennent à parler de soi et à comprendre l’expérience des autres à partir d’un objet commun extérieur aux interlocuteurs.

 

Cela est sans doute dû à la démission scolaire (Baudelot et Establet qui veulent un lycée light, un programme allégé pour tout le monde, qui relève d’un règlement de compte des sciences humaines avec les humanités).

 

Cela est aggravé par un phénomène « extrinsèque », le fait qu’un nouveau régime de la honte affecte fortement la culture humaniste, car tous les objets qui y sont associés sont des objets méprisés au sein de la sociabilité juvénile. On peut lire chez soi, mais on prendrait des risques à le valoriser auprès des autres.

 

Les familles ne font plus le lien avec la culture humaniste. Il y a bel et bien une hiérarchie culturelle car un jour elle rattrape l’individu à un moment de sa vie. Elle est profondément importante dans la culture des élites, l’école démissionnerait si elle la niait. Ils ont un mimétisme inversé par rapport aux enfants.

 

Surtout, la littérature pour enfants a démissionné de son rôle peu gratifiant et difficile à tenir de lien avec la culture humaniste. L’école des loisirs a édité « Caca boudin », un petit lapin qui ne sait dire que Caca boudin. Le loup lui demande s’il peut le manger, le lapin répond caca boudin. Le loup le mange. Et en même temps il trouve indigeste cette nourriture qui dit caca boudin dans son ventre. Le père médecin le sort. Il est tout content : « ah mon petit caca boudin ». L’enfant : « mais enfin mon cher père, pourquoi m’appelez-vous ainsi, je m’appelle simon vous le savez bien mon père». Puis il va voir sa maman, « mange ta soupe » => « ah oui, vous le savez bien que je pense qu’elle set exquise, ne me vilipendez point ». Et son père, « mais oui, mon petit caca boudin ».  Et il sort, le soir, se laver les dents. Et là il dit « prout ». Et c’est le dernier mot de l’histoire. Les livres pour enfants actuellement ne sont plus faits par des écrivains, mais par des psychanalystes de bazar.

 

La scatologie est devenue universelle, elle est retournée en belle langue. Toni Negri a dit qu’il fallait en finir avec « cette merde d’Etat Nation » et Libération l’a trouvée si belle qu’elle en a fait un titre. L’institution elle-même se démobilise, trahit sa fonction, et toute la société avec elle.

 

 

Les sites communautaires et l’horizontalisation des goûts :

Les sites communautaires doivent gérer la différenciation horizontale des goûts : la difficulté de l’élucidation de la qualité :

Les jugements de goût ne sont pas universels. Ils dépendent de la position de leur émetteur sur l’espace des goûts.

 

Pb peu traité car on se limite habituellement au pb de la fiabilité de la critique : qu’elle provienne d’un critique sincère et sensible.

Ils doivent situer le critique amateur dans l’espace des goûts.

 

Pour cela plusieurs solutions :

Embryon sur AMAZON : où le traitement statistique des données d’achat a pour but d’attirer l’attention des consommateurs potentiels sur les biens culturels qui ressemblent aux biens qu’ils ont acheté.

Modèles plus développés :

- pondération individuelle de qualités verticales + ou – observables (jouabilité, durée de vie, bande son, scénario,…)

- typologie en genres : on fait porter la différenciation horizontale par la typologie des genres.

- renvoi vers les pages perso des coteurs

 

=> Il semble que le NPOV soit un autre moyen de remédier au pb de la différenciation horizontale.

 

 

Bourdieu P 1979. La distinction: Critique sociale du jugement. Les éditions de Minuit, Paris. [1984. Distinction : A Social Critique of the Judgement of Taste. Harvard University Press, Cambridge (Mass.)]

P 1982 Cultural Entrepreneurship in Nineteenth-Century Boston: The Creation of an Organizational Base for High Culture in America. Media, Culture, and Society 4: 33-50

P 1987 Classification in Art. American Sociological Review 52: 440-455.

Veblen T 1939 [1899] The Theory of the Leisure Class. The Modern Library, New York.